Confidences d’automne
L’automne ne parle jamais très fort.
Il préfère le froissement des feuilles,
le souffle tiède d’un vent fatigué,
et les chemins où la lumière s’attarde.
Sous les arbres, les couleurs se confessent.
Un peu d’or pour les souvenirs heureux,
du rouge pour les blessures encore vives,
du brun pour tout ce que le temps a su apaiser.
Les feuilles tombent sans regret apparent.
Elles quittent leur branche comme on abandonne
une vieille peur,
une promesse devenue trop lourde,
un amour que l’on garde pourtant quelque part.
Alors l’automne nous ressemble.
Il nous apprend à laisser partir
sans forcément oublier,
à faire de la place au silence,
à écouter ce qui demeure
quand le bruit des jours s’éloigne.
Et lorsque le soir descend plus tôt,
que l’air devient plus frais
et que les ombres s’allongent sur les murs,
les confidences reviennent.
Celles que l’on n’a jamais osé dire.
Celles que l’on confie seulement
à une tasse encore chaude,
à une fenêtre couverte de pluie,
ou à quelqu’un qui sait écouter
sans chercher à répondre.
Peut-être est-ce cela, l’automne :
un moment entre deux saisons
où le cœur accepte enfin
de déposer quelques feuilles mortes
pour garder ses racines vivantes.